LE PETIT POUCET
Le petit prince est un conte ayant la singularité de parler d'une famille de pauvres, la description qui est faite de cette classe est péjorative, des gens gauches, idiots. Nous sommes dans une France où les paysans n'ont pas le droit de parole, très absents de la littérature moderne à l'auteur. (Problématique transversale : vision de la paysannerie au travers des ½uvres au programme). Une autre de ses singularités est qu'il narre sous mode métaphorique le rapport du père aux enfants voir même du roi à ses sujets, au travers de la personnalité de l'ogre.
L'ogre est une interrogation sur la figure paternelle et par extension sur la figure du roi. L'ogre est la toute première représentation paternelle qui existe, l'origine des dieux n'est qu'une survivance d'un enfant à son père (ZEUS). (Janus dévore ses enfants, mythe fondateur. L'ogre est au choix celui qui dévore tous les enfants ou uniquement ses enfants. Cette figure de l'ogre ne doit pas être perçue comme une création originale de Perrault mais comme une succession de réécritures.
De plus, l'ogre de ce compte pose problème car il est bon père, il a des filles qu'il choie, Perrault précise bon mari. A quoi renvoie alors l'ogre de Perrault ? Si on considérait que les enfants ont été abandonnés par leur père et sujets à être dévorés par un roi, ne peut-on pas ici les comparer à l'histoire de France ? En tant que fils de paysans ils sont condamnés à mort, en échangeant les couronnes des petite filles avec leurs bonnets, ils survivent. Quelle morale devons-nous en tirer.
Encore une fois, les messages que nous renvoie ce conte ne semblent pas être destinés à des enfants. En effet le Petit Poucet fait tuer les filles de l'ogre, la morale qui en ressort donc est que : à choisir entre sa vie ou celle d'un autre, par tous les moyens il faut préserver la nôtre. De plus, le fait d'échanger les couronnes semble signifier qu'en étant couronné on échappe à la mort.
A la question, les contes de Perrault sont ils destinés aux enfants ? la réponse est bel et bien non. De plus le champ lexical, les temps verbaux, sont entièrement destinés à la noblesse, des gens du peuple ne pouvant les comprendre. Ce choix de langue de Perrault est donc destiné à la noblesse. Peut-on aller jusqu'à dire qu'il s'adresse aux enfants de la noblesse ? Perrault au travers de l'action du Petit Poucet de couvrir la tête de ses frères et la sienne de couronnes, inciterait les enfants de la noblesse à penser qu'il leur faut garder leur statut social pour survivre.
De plus dans l'½uvre de Perrault, se dégage la notion d'importance de l'argent (Peau d'âne, fuit mais avec sa cassette, le Petit Poucet devient gentilhomme, le cadet dans le Chat Botté se fait passer pour un marquis etc.).
Sans argent on n'est rien, pas même un fils, la reconquête de l'argent est donc aussi une reconquête de l'amour filiale.
Rapport adulte/enfant très dur, un rapport avec la société très dur également.
BILAN : Encrage dans des topis historiques liés à la famine, peste, maladie, que tout le monde connaît, la métaphore de rapport liée au père ou à ses substituts, à l'ogre ou au père abandonnant ses enfants qui renvoie à une tyrannie. (lire la servitude volontaire de la Boetie). Le conte sacrifie au « happy end » avec cependant un événement curieux. Le Petit Poucet dit à ses frères de s'enfuir à la maison, lors de cette dernière altercation avec l'ogre ils sont donc a portée de leur maison. Il va par un subterfuge désamorcer la nuisance qu'il peut représenter mais il est tout de même quasiment à portée du domicile, . Quand l'ogre a été volé par le Petit Poucet et que ce dernier rentre chez lui, on peut se demander si l'ogre ne pourrait pas le retrouver facilement ? il y a donc une fin positive certes mais avec une interrogation, à savoir si le Petit Poucet ne se serait pas débarrassé de l'ogre de manière éphémère.
Autre interrogation : le Petit Poucet, après avoir fait tuer les 7 filles d'un père aimant, vole un bon mari. Perrault, conscient de sa contradiction, fait naître une suspicion quant au vol du et établit donc une double fin : fin numéro 1 : il vole ; fin numéro 2 : le Petit Poucet n'est plus un voleur mais seulement un assassin.
Cette double fin montre que Perrault a été confronté à des difficultés d'incohérence, parce que le ducere du 17e siècle pose problème à l'auteur.
Analyse de l'iconographie de Doré : on note les détails naturalistes, bois, chaudron ... qui caractérisent un aspect de la paysannerie de ce temps là. Partie naturaliste : observation de l'intérieur que l'on pourrait qualifier d'objective, à deux détails près, le haillon, visages très expressifs, sales. Leur façon de se tenir reflète le courrant baroque. Puisque tout ce qui est irrégulier, outrancier, vision de la mort etc. sont purement baroque.
2e illustration :Le seul enfant a l'apparence agréable est le Petit Poucet. Il est aussi le seul ayant un comportement humain, il va chercher de l'eau, ramasse les petits cailloux blancs...La lumière baroque contrairement à la lumière classique focalise toujours en un point, ici les enfants. Dans cette illustration, la forêt est meublée par un bestiaire une licorne, visage de troll... L'imaginaire de Doré est donc fantasmagorique et plein de références (référence celtiques).
3e illustration : image quasi exacte dans Blanche Neige de Disney. Importance de l'intertextualité dans la matière des contes
- Rôle de la forêt : symbolique de l'arbre mort c'est la mort, le Petit Poucet grimpe sur un arbre mort. La forêt dangereuse, où l'on se perd. (rôle de la forêt dans les contes de P.)
- La maison de l'ogresse : est une maison de petit noble. Doré illustre dans ici le romantisme noir, tête de bélier, chauve-souris. On a ici tous les topi, de livres et film du vampire. Pourquoi ? car Doré à dessiné ça, à l'époque du romantisme noire.
La femme de l'ogre : belle femme, costume riche, mais il ne la classe pas dans une catégorie sociale précise, ni même dans une région référencée . Illustration baroque des enfants qui supplient. Image violente avec l'image de l'Ogre soulevant l'enfant par le pied.
- Le lit des sept fille : Carcasses d'oiseaux sur le lit, une des filles à encore un os dans la bouche. Elles sont donc ciblées comme de véritables ogresses, mais ici Perrault veut limiter l'empathie du lecteur pour les petites ogresses. Cependant elle sont agréables à regarder, copie du tableau de la vierge à l'enfant de Véronese. Il y a aussi la vision de la fragilité de l'enfance endormie, jeu sur la taille, un couteau énorme. Les yeux de l'ogre : exorbités, veines apparentes. Cruauté violente dans cette image, baroque qui se retrouve dans le mouvement, la mort et les yeux. Il est flagrant que l'imaginaire de Doré s'interpose entre l'image et le lecteur. A retenir que la couleur de l'ogre à l'époque est noire.
Bilan de l'iconographie : il est manifeste que Doré interpose son imaginaire entre le lecteur et le conte et qu'il n'hésite pas de substituer au code classiques des référents baroques, des décalages temporelles, et des connotations qui n'étaient pas dans le conte initial. Il ne s'efface pas devant le conte mais le met en scène et accompli à ce titre un travail que l'on peut comparer à un travail théâtral. On peut parler de modernisation, adaptation, valorisation, mais il évident que les illustrations ne sont pas destinées à de jeunes enfants, les images sont synonymes de terreur. Ambiguïté du public de destination qui perdure dans l'imagerie d'un adulte imprégné d'enfance, certes, mais adulte tout de même.
Point sur le génie : certains créateurs sont plus que des novateurs. Métaphore digestive, ils absorbent tout, pour créer de nouvelles énergies. Ils sont capables de rassembler toute la matière intellectuelle de leur temps, et de lui insuffler un nouveau souffle de vie et la faire repartir. Doré redonne une vie nouvelle aux contes de Perrault qui se seraient peut-être affadis.
Le petit prince est un conte ayant la singularité de parler d'une famille de pauvres, la description qui est faite de cette classe est péjorative, des gens gauches, idiots. Nous sommes dans une France où les paysans n'ont pas le droit de parole, très absents de la littérature moderne à l'auteur. (Problématique transversale : vision de la paysannerie au travers des ½uvres au programme). Une autre de ses singularités est qu'il narre sous mode métaphorique le rapport du père aux enfants voir même du roi à ses sujets, au travers de la personnalité de l'ogre.
L'ogre est une interrogation sur la figure paternelle et par extension sur la figure du roi. L'ogre est la toute première représentation paternelle qui existe, l'origine des dieux n'est qu'une survivance d'un enfant à son père (ZEUS). (Janus dévore ses enfants, mythe fondateur. L'ogre est au choix celui qui dévore tous les enfants ou uniquement ses enfants. Cette figure de l'ogre ne doit pas être perçue comme une création originale de Perrault mais comme une succession de réécritures.
De plus, l'ogre de ce compte pose problème car il est bon père, il a des filles qu'il choie, Perrault précise bon mari. A quoi renvoie alors l'ogre de Perrault ? Si on considérait que les enfants ont été abandonnés par leur père et sujets à être dévorés par un roi, ne peut-on pas ici les comparer à l'histoire de France ? En tant que fils de paysans ils sont condamnés à mort, en échangeant les couronnes des petite filles avec leurs bonnets, ils survivent. Quelle morale devons-nous en tirer.
Encore une fois, les messages que nous renvoie ce conte ne semblent pas être destinés à des enfants. En effet le Petit Poucet fait tuer les filles de l'ogre, la morale qui en ressort donc est que : à choisir entre sa vie ou celle d'un autre, par tous les moyens il faut préserver la nôtre. De plus, le fait d'échanger les couronnes semble signifier qu'en étant couronné on échappe à la mort.
A la question, les contes de Perrault sont ils destinés aux enfants ? la réponse est bel et bien non. De plus le champ lexical, les temps verbaux, sont entièrement destinés à la noblesse, des gens du peuple ne pouvant les comprendre. Ce choix de langue de Perrault est donc destiné à la noblesse. Peut-on aller jusqu'à dire qu'il s'adresse aux enfants de la noblesse ? Perrault au travers de l'action du Petit Poucet de couvrir la tête de ses frères et la sienne de couronnes, inciterait les enfants de la noblesse à penser qu'il leur faut garder leur statut social pour survivre.
De plus dans l'½uvre de Perrault, se dégage la notion d'importance de l'argent (Peau d'âne, fuit mais avec sa cassette, le Petit Poucet devient gentilhomme, le cadet dans le Chat Botté se fait passer pour un marquis etc.).
Sans argent on n'est rien, pas même un fils, la reconquête de l'argent est donc aussi une reconquête de l'amour filiale.
Rapport adulte/enfant très dur, un rapport avec la société très dur également.
BILAN : Encrage dans des topis historiques liés à la famine, peste, maladie, que tout le monde connaît, la métaphore de rapport liée au père ou à ses substituts, à l'ogre ou au père abandonnant ses enfants qui renvoie à une tyrannie. (lire la servitude volontaire de la Boetie). Le conte sacrifie au « happy end » avec cependant un événement curieux. Le Petit Poucet dit à ses frères de s'enfuir à la maison, lors de cette dernière altercation avec l'ogre ils sont donc a portée de leur maison. Il va par un subterfuge désamorcer la nuisance qu'il peut représenter mais il est tout de même quasiment à portée du domicile, . Quand l'ogre a été volé par le Petit Poucet et que ce dernier rentre chez lui, on peut se demander si l'ogre ne pourrait pas le retrouver facilement ? il y a donc une fin positive certes mais avec une interrogation, à savoir si le Petit Poucet ne se serait pas débarrassé de l'ogre de manière éphémère.
Autre interrogation : le Petit Poucet, après avoir fait tuer les 7 filles d'un père aimant, vole un bon mari. Perrault, conscient de sa contradiction, fait naître une suspicion quant au vol du et établit donc une double fin : fin numéro 1 : il vole ; fin numéro 2 : le Petit Poucet n'est plus un voleur mais seulement un assassin.
Cette double fin montre que Perrault a été confronté à des difficultés d'incohérence, parce que le ducere du 17e siècle pose problème à l'auteur.
Analyse de l'iconographie de Doré : on note les détails naturalistes, bois, chaudron ... qui caractérisent un aspect de la paysannerie de ce temps là. Partie naturaliste : observation de l'intérieur que l'on pourrait qualifier d'objective, à deux détails près, le haillon, visages très expressifs, sales. Leur façon de se tenir reflète le courrant baroque. Puisque tout ce qui est irrégulier, outrancier, vision de la mort etc. sont purement baroque.
2e illustration :Le seul enfant a l'apparence agréable est le Petit Poucet. Il est aussi le seul ayant un comportement humain, il va chercher de l'eau, ramasse les petits cailloux blancs...La lumière baroque contrairement à la lumière classique focalise toujours en un point, ici les enfants. Dans cette illustration, la forêt est meublée par un bestiaire une licorne, visage de troll... L'imaginaire de Doré est donc fantasmagorique et plein de références (référence celtiques).
3e illustration : image quasi exacte dans Blanche Neige de Disney. Importance de l'intertextualité dans la matière des contes
- Rôle de la forêt : symbolique de l'arbre mort c'est la mort, le Petit Poucet grimpe sur un arbre mort. La forêt dangereuse, où l'on se perd. (rôle de la forêt dans les contes de P.)
- La maison de l'ogresse : est une maison de petit noble. Doré illustre dans ici le romantisme noir, tête de bélier, chauve-souris. On a ici tous les topi, de livres et film du vampire. Pourquoi ? car Doré à dessiné ça, à l'époque du romantisme noire.
La femme de l'ogre : belle femme, costume riche, mais il ne la classe pas dans une catégorie sociale précise, ni même dans une région référencée . Illustration baroque des enfants qui supplient. Image violente avec l'image de l'Ogre soulevant l'enfant par le pied.
- Le lit des sept fille : Carcasses d'oiseaux sur le lit, une des filles à encore un os dans la bouche. Elles sont donc ciblées comme de véritables ogresses, mais ici Perrault veut limiter l'empathie du lecteur pour les petites ogresses. Cependant elle sont agréables à regarder, copie du tableau de la vierge à l'enfant de Véronese. Il y a aussi la vision de la fragilité de l'enfance endormie, jeu sur la taille, un couteau énorme. Les yeux de l'ogre : exorbités, veines apparentes. Cruauté violente dans cette image, baroque qui se retrouve dans le mouvement, la mort et les yeux. Il est flagrant que l'imaginaire de Doré s'interpose entre l'image et le lecteur. A retenir que la couleur de l'ogre à l'époque est noire.
Bilan de l'iconographie : il est manifeste que Doré interpose son imaginaire entre le lecteur et le conte et qu'il n'hésite pas de substituer au code classiques des référents baroques, des décalages temporelles, et des connotations qui n'étaient pas dans le conte initial. Il ne s'efface pas devant le conte mais le met en scène et accompli à ce titre un travail que l'on peut comparer à un travail théâtral. On peut parler de modernisation, adaptation, valorisation, mais il évident que les illustrations ne sont pas destinées à de jeunes enfants, les images sont synonymes de terreur. Ambiguïté du public de destination qui perdure dans l'imagerie d'un adulte imprégné d'enfance, certes, mais adulte tout de même.
Point sur le génie : certains créateurs sont plus que des novateurs. Métaphore digestive, ils absorbent tout, pour créer de nouvelles énergies. Ils sont capables de rassembler toute la matière intellectuelle de leur temps, et de lui insuffler un nouveau souffle de vie et la faire repartir. Doré redonne une vie nouvelle aux contes de Perrault qui se seraient peut-être affadis.